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Charente: les absences pour formation font grogner dans les collèges

Charente: les absences pour formation font grogner dans les collèges

La réforme du collège qui entre en vigueur en septembre aura, cette année et d’ici à juin, suscité en Charente 5345 jours d’absence d’enseignants. Parents et profs râlent.

Par Benoît CAURETTE, publié le 20 mars 2016, modifié le 21 mars 2016 sur  http://www.charentelibre.fr

Dessin: Goubelle

dessin-goubelle

La réforme du collège qui entre en vigueur en septembre aura, cette année et d’ici à juin, suscité en Charente 5345 jours d’absence d’enseignants. Parents et profs râlent.

Ils vont tous y passer. S’absenter, chacun cinq jours en tout d’ici au mois de juin, pour apprendre les tenants et les aboutissants de la réforme du collège, lancée l’année prochaine.

Depuis janvier, les 1 069 enseignants des 38 collèges charentais suivent en groupes, bon gré mal gré, ces formations obligatoires, dispensées ici ou là chaque semaine. Et même si le Directeur Académique des services de l’Éducation Nationale (DASEN) Dominique Bourget assure que «tout est mis en œuvre pour accueillir les élèves dans les meilleures conditions pendant ces absences, notamment à travers des activités spécifiques», le bazar n’est jamais bien loin.

«Parce que comme d’habitude, l’Éducation Nationale ne sait pas gérer les ressources humaines. Elle n’a pas anticipé et les profs ne sont évidemment pas remplacés» peste Georges Tritz, porte-parole de la FCPE. «Encore une fois, ce sont nos enfants qui en pâtissent. Même si les enseignants ne partent ni cinq jours de suite, ni tous en même temps dans un même établissement, cela engendre inéluctablement des retards. Comment seront-ils rattrapés?»

Si elle déplore des répercussions certes variables, mais un peu partout, l’association de parents d’élèves a fait du collège Maurice-Genevoix de Châteauneuf un emblème. «Sur 9 000 heures de cours attribuées jusqu’au 15 février, 1 000 n’ont pas été assurées dont 300 à cause principalement de ces formations», calcule Sonia Gonet, la présidente locale.

Jusqu’à vingt absents dans un même collège

«Jusqu’au mois dernier, nous avons serré les dents, on était dans les limites de l’acceptable, mais quand le principal nous a dit que ce n’était que le début, nous avons écrit au rectorat pour réclamer des remplacements. Ca suffit maintenant!»

D’autant que pour couronner le tout, Maurice-Genevoix fait partie des établissements pilotes de la réforme. Des profs exercent déjà les fameux Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (2 ou 3 heures à partir de la cinquième) et se retrouvent par conséquent «formateurs à leur tour!»

Plus globalement, «certains jours, ce sont dix, quinze, vingt collègues qui sont absents simultanément dans un collège, même si la plupart du temps, les chefs d’établissement essaient d’harmoniser au mieux», observe Olivier Brunaud, fer de lance du syndicat SNFOLC (FO) et prof au collège Félix-Gaillard de Cognac.

Lui d’ailleurs aurait souhaité que les enseignants «puissent rester dans leur classe plutôt que d’assister aux formations.» Façon pour ceux qui en dénoncent les conséquences de marquer leur désapprobation vis-à-vis de la réforme. Sauf que, d’emblée, le rectorat a été clair: quiconque déroge à la règle s’expose à des retenues de salaire… même s’il est en train de faire cours!

Points de vue partagés sur l’utilité de ces journées

«Des sanctions ont été prises dans l’académie de Bordeaux» râle Olivier Brunaud. Ce qui a poussé les syndicats à ouvrir tout grand les parapluies. «Pour couvrir les collègues, le SNES dépose tous les jours un préavis de grève national pour le lendemain», admet ainsi Alain Héraud, son porte-parole en Charente.

Pour autant, «seule une personne a manifesté un refus, arguant qu’elle était en fin de carrière, nuance Dominique Bourget, et nous avons juste été amenés à lui rappeler ses obligations.» «Quoi qu’il en soit, ces formations constituent du travail en plus non rémunéré, rebondit Alain Héraud, surtout quand les collègues sont obligés de venir à un moment où ils n’ont pas cours.»

Quant à l’utilité de ces journées, les points de vue sont partagés. «La première, consacrée à l’accompagnement personnalisé des élèves, n’a de l’avis général pas servi à grand-chose. En revanche, les suivantes, sur l’évolution des disciplines, apportent des réponses précises à beaucoup de collègues» avoue Alain Héraud.

Dans les faits, 95 % des profs ont répondu présents, les 5 % restants ayant fait valoir un cas de force majeure avéré. Ceux-là autant que ceux qui viendraient à manquer les deux ou trois jours de formation qu’il leur reste à suivre n’échapperont pas au rattrapage. «Certains modules seront reconduits en début d’année prochaine» promet le DASEN. Les parents s’en réjouissent déjà.

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